Pêcherie de Vindelle
Aujourd'hui la pêche est une activité de loisirs, mais encore au début du siècle dernier, outre le plaisir c'était un appoint non négligeable pour les familles, quelques personnes en avaient d'ailleurs fait leur profession. Ils ne pratiquaient pas la pêche à la ligne, ils utilisaient les nasses en osier ou en grillage, les harpons et un peu plus tard les arbalètes. Une flottille de bateaux était amarrés au « Petit Port » ou près du moulin de Marsac et au lieu-dit « l'abordage » à une encablure du gué appelé « Grand Port de Lagroux ». A côté des bateaux étaient solidement attachés les coffres des pêcheurs professionnels. Ils stockaient dans ces caissons faits de planches de chêne percées de trous, les poissons pris dans les nasses les autres blessés étaient vendus aussitôt péchés. Dans la commune il y avait ainsi de bons bateliers. On pouvait apercevoir les lueurs sur l'eau car beaucoup de personnes possédaient une lampe à carbure officiellement pour aller ramasser les « cagouilles » le soir après une pluie d'orage. Il ne reste aujourd'hui qu'un petit nombre d'embarcations. Après la guerre de 39-45 beaucoup ont disparu. Désintérêt, manque de temps et quelques fois vandalisme sont autant de raisons que l'on peut évoquer. La Charente à proximité, la pêche était une activité importante à Marsac et Lagroux. Le droit de pêche appartenait bien entendu aux évêques d'Angoulême qu'ils ont partagé un temps après le traité des Gemeaux et Puyravaud en 1212 avec leurs prévôts Itier Jourdain et Foucauld de Marsac. Ils louaient une partie plus ou moins importante de la rivière et donnaient le droit d'y installer des pêcheries et des anguillards. C'est ainsi que dans les archives on peut lire « en 1501, location par l'évêque d'Angoulême au Sieur Allexis d'un anguillard tenant d'une part à l'Ile Grand et d'autre part au pré de Pierre Masquet de Lagroux, plus une vimière tenant d'une part à l'ile Grand et d'autre part à l'île de Messire.
Quand l'été les eaux sont basses, on peut encore voir à certains endroits notamment entre l'île Combefolle et le Petite Rivière des pierres dont la disposition n'a rien de naturel. On peut alors émettre l'hypothèse que ce sont les fondations d'anciennes pêcheries ou d'anguillards.